Supprimer la fiche Google d'un cabinet d'avocats
Un cabinet d'avocats reçoit deux types d'avis négatifs, et aucun ne porte réellement sur la qualité du travail fourni. Le premier vient d'un client qui a perdu son procès. Le second vient de la partie adverse, qui n'a jamais été cliente du cabinet.
Dans les deux cas, la réponse publique est fermée. L'article 66-5 de la loi du 31 décembre 1971 protège le secret des correspondances et des consultations, et le simple fait de confirmer l'identité d'un client relève déjà du secret professionnel.
Les situations qui conduisent un avocat à supprimer sa fiche Google
Un avis de la partie adverse
L'auteur n'a jamais été client. Il note le cabinet parce qu'il a perdu face à lui, ce que rien ne permet de deviner à la lecture de l'avis.
Un client mécontent du jugement
La décision de justice appartient au tribunal, pas au conseil. L'avis les confond, et l'avocat ne peut pas exposer le dossier pour rétablir la chronologie.
Un litige d'honoraires
La contestation relève de la procédure de taxation devant le bâtonnier. Elle se retrouve pourtant traitée publiquement sur une page Google.
Une fiche créée par un ancien collaborateur
Le cabinet découvre une page qu'il n'a pas ouverte, avec une adresse ou un intitulé qui ne correspond plus à sa structure actuelle.
Le secret professionnel ferme toute réponse
Le secret professionnel de l'avocat est général, absolu et illimité dans le temps. Confirmer publiquement qu'une personne a consulté le cabinet, ou évoquer le contenu d'un dossier même de façon allusive, constitue un manquement susceptible de poursuites disciplinaires.
Le règlement intérieur national de la profession encadre par ailleurs strictement la communication des avocats. La marge de manœuvre pour se défendre en ligne est donc plus étroite que pour n'importe quelle autre activité de service.
L'avis reste alors seul, sans contradiction, à côté du nom du cabinet dans les résultats de recherche.
Ce que dit la justice sur les fiches créées sans consentement
Le 22 mai 2025, la cour d'appel de Chambéry, dans une décision n° RG 22/01814, a ordonné à Google la suppression intégrale d'une fiche Google Business Profile, avis et notation compris, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, assortie de 10 000 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice moral et de 40 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
La décision concernait une chirurgienne-dentiste, et une partie du raisonnement s'appuie sur le secret médical. Ce fondement ne se transpose pas tel quel à la profession d'avocat.
Le coeur de la motivation, en revanche, s'applique pleinement. La cour retient que la fiche avait été créée sans information préalable ni consentement de la personne concernée, et fonde sa décision sur le droit à l'effacement de l'article 17 du RGPD, sur l'obligation d'information de l'article 14, sur la licéité du traitement de l'article 6 et sur le principe de transparence de l'article 5. Ces textes ne distinguent pas selon la profession.
Il s'agit d'une décision de cour d'appel, sans valeur de précédent contraignant. Vous saurez mieux que nous quel poids lui accorder.
Au delà du barreau : notaires et commissaires de justice
Les mêmes difficultés se retrouvent chez les notaires et les commissaires de justice. Une étude notariale reçoit des avis liés à un règlement de succession conflictuel, où l'auteur reproche à l'officier public une décision qui découle en réalité de la loi ou de l'accord des parties.
Chez les commissaires de justice, l'avis vient presque toujours de la personne visée par la mesure d'exécution, jamais du créancier qui a mandaté l'étude. La note sanctionne l'exercice d'une mission de service public.
Au sein des cabinets d'avocats, les spécialités les plus exposées sont le droit de la famille, le droit pénal et le droit du travail, où le dossier engage directement la vie personnelle de l'auteur de l'avis et où la partie adverse est identifiée.
Ce que le retrait change pour votre cabinet
Un cabinet qui fait supprimer sa fiche perd sa présence sur Google Maps et le panneau qui s'affiche à droite des résultats sur son nom. Le site du cabinet, l'annuaire du barreau et les annuaires juridiques restent en place, mais sans note ni avis.
L'impact dépend de votre mode d'acquisition. Un cabinet qui travaille par recommandation, par apporteurs d'affaires et par réseau professionnel y perd très peu. Un cabinet qui capte des dossiers de particuliers par la recherche locale, en droit de la famille ou en droit routier par exemple, doit préparer la transition.
Trois vérifications avant de lancer la procédure. Que votre fiche sur l'annuaire de votre barreau soit à jour. Que le site du cabinet affiche clairement vos domaines d'intervention, votre adresse et vos modalités de prise de rendez vous. Et que votre secrétariat sache orienter les clients qui ne vous trouvent plus sur Maps.
Comment se déroule la suppression de la fiche Google d'un cabinet d'avocats
Description de la fiche
Vous nous indiquez l'adresse de la page, son contenu et votre niveau d'accès.
Analyse
Nous examinons l'origine de la fiche et les droits mobilisables.
Demande de retrait
Nous constituons la demande auprès de Google et en assurons le suivi.
Contrôle
Nous vérifions la disparition de la page et vous adressons un récapitulatif écrit.
La prestation est facturée une fois le retrait constaté. Les bases légales de la démarche sont détaillées sur la page fondement juridique.
Questions fréquentes des avocats sur la suppression de leur fiche Google
Pour aller plus loin
Les autres pages utiles avant d'engager une démarche
Le guide complet de la suppression
La page de référence sur le retrait d'une fiche Google Business Profile.
Fiche sans accès au compte
Le cas des fiches créées par un tiers ou dont l'accès a été perdu.
Fondement juridique
Les textes sur lesquels repose une demande de retrait.